Combien devrais-je peser pour ma taille
6 min de lectureAuteur : Doğan Varkan
La taille et le poids sont deux nombres ; l'intervalle considéré comme sain, lui, est une plage. Cette page montre d'où vient cette plage, pourquoi elle s'élargit sur les grands corps, quelle mesure unique fait mieux le travail et comment choisir ton propre point à l'intérieur.
La taille ne donne pas un poids unique
La question se pose comme « combien devrais-je peser », mais d’une taille ne sort pas un chiffre unique. Il en sort une plage à deux bornes. Sa source est l’intervalle de l’indice de masse corporelle considéré comme sain, de 18,5 à 24,9.
| Taille | Intervalle sain | Largeur de la plage |
|---|---|---|
| 155 cm | 44,4 – 59,8 kg | 15,4 kg |
| 165 cm | 50,4 – 67,8 kg | 17,4 kg |
| 175 cm | 56,7 – 76,3 kg | 19,6 kg |
| 185 cm | 63,3 – 85,2 kg | 21,9 kg |
Ce qui frappe n’est pas la plage mais sa largeur : à 175 centimètres, 19,6 kilos séparent les deux bornes, près d’un quart du poids d’une personne, et tout cela passe sous la même étiquette de bonne santé. Un calculateur qui t’annonce un chiffre unique t’annonce en réalité un point qu’il a lui-même choisi dans cette plage.
La plage s’élargit avec la taille. C’est la formule, qui divise le poids par le carré de la taille.
L’origine de la plage n’est pas un critère médical
La formule qui produit l’intervalle n’est pas née en médecine. Adolphe Quetelet a divisé le poids par le carré de la taille en 1832 en cherchant à décrire l’homme moyen ; son but était de caractériser la distribution d’une population, pas d’évaluer un individu. Les seuils d’aujourd’hui sont venus plus tard, des tables de mortalité des assureurs vie du milieu du siècle dernier.
Le carré lui-même se discute. Un corps humain grandit en trois dimensions et non en deux à mesure que la taille augmente, si bien qu’une division par le carré fait paraître les grands corps plus lourds qu’ils ne sont et les petits plus légers ; le mathématicien Nick Trefethen a défendu en 2013 un exposant plus proche de 2,5 que de 2.
Sur le terrain, la conséquence est celle-ci : quelqu’un de 190 centimètres sort de la borne haute vers le « surpoids » plus facilement qu’il ne le devrait, tandis que quelqu’un de 155 reste dans le « normal » plus facilement qu’il ne le devrait. La formule décrit une foule, pas une personne.
Même taille, même poids, deux corps différents
Imagine deux personnes de 175 centimètres et 80 kilos. L’une porte 18 % de masse grasse, l’autre 30 %. Leurs masses maigres tombent à 65,6 et 56,0 kilos, soit 9,6 kilos d’écart en muscle, en os et en eau. L’indice leur donne le même nombre : 26,1.
L’erreur joue aussi dans l’autre sens. Un corps installé au milieu de la plage, qui ne déclenche aucune alerte sur la balance mais dont la masse musculaire est faible et la masse grasse élevée, passe le même calcul avec l’étiquette « normal », alors que ses marqueurs métaboliques peuvent être moins bons que ceux d’un corps musclé situé à la borne haute.
Comment calculer ta masse musculaire fait l’objet d’un autre article. Le point ici est plus simple : deux nombres faits de taille et de poids ne disent rien de ce dont ce poids est fait.
Si tu veux un seul chiffre, prends tour de taille sur taille
Le tour de taille divisé par la taille travaille mieux que le couple taille-poids, et la règle tient en une phrase : que ton tour de taille reste sous la moitié de ta taille. À 175 centimètres, cela fait 87,5 centimètres. À 165, 82,5.
Son avantage tient à deux choses. Ce qu’il mesure, c’est la graisse abdominale, et c’est là que le lien avec le risque métabolique est le plus fort. Comme la mesure s’ajuste à la taille, elle fonctionne avec le même seuil sur les petits comme sur les grands corps, chez les femmes comme chez les hommes.
La prise de mesure n’est pas plus difficile que la balance. Pose le mètre sur la peau nue, à l’endroit le plus étroit entre le bas des côtes et le haut de l’os de la hanche, souffle normalement et ne rentre pas le ventre.
Les seuils ne sont pas les mêmes partout
Les limites de 18,5 et 25 sont sorties de données recueillies dans des populations d’origine européenne, alors que le taux de masse grasse et le risque métabolique à indice égal varient d’une population à l’autre. L’Organisation mondiale de la santé l’a acté en 2004 et a défini 23 et 27,5 comme points d’action supplémentaires pour les populations d’origine asiatique.
Ce n’est pas une norme de santé séparée. C’est le même risque qui commence à un autre chiffre. La limite familière de 25 se lit mieux comme une ligne d’alerte que comme un mur.
Même la taille sur laquelle tout repose bouge
Toute la plage repose sur une seule mesure de taille, et cette mesure est moins stable que tu ne le crois. Les disques de la colonne se compriment au fil de la journée et emportent 1 à 2 centimètres, si bien qu’une taille mesurée le soir sort plus courte que la même taille mesurée le matin. Après quarante ans, environ 1 centimètre part définitivement par décennie.
Le calcul n’est pas anodin : à 175 centimètres, la borne haute de la plage bouge d’environ 0,9 kilo par centimètre, donc utiliser une taille mesurée il y a vingt ans décale ta plage de 2 à 3 kilos vers le haut et te laisse croire à une marge que tu n’as pas.
Mesure-toi le matin, pieds nus, talons contre le mur. Une fois par an suffit.
La meilleure estimation vient de ton passé
Il existe une donnée qu’aucune équation ne détient : quel poids tu as déjà porté, combien de temps et à quel prix. S’il y a un poids que tu as tenu un an sans compter en permanence, ce chiffre en dit plus que le résultat de n’importe quelle formule, parce qu’y sont inscrits non seulement ta physiologie mais aussi tes repas, ton travail, ton sommeil et ce que tu bouges.
La plage dit où se trouve la bonne santé. Ton passé dit ce que tu peux tenir. Quand les deux ne coïncident pas, la cible se situe entre les deux.
Si ton passé se tient nettement au-dessus de la plage, la réponse n’est pas de viser la borne basse. La borne haute fait partie de la plage, et y arriver vaut mieux que partir vers la borne basse et s’arrêter à mi-chemin.
Le calcul du poids idéal rend la plage correspondant à ta taille avec ses deux bornes, au lieu d’imposer un chiffre. Où ton poids d’aujourd’hui tombe à l’intérieur, c’est le calcul de l’IMC qui le montre. Et si la question est de savoir de quoi ce poids est fait, le calcul du taux de masse grasse mesure ce côté-là.
poids idéalimcmesures corporelles
Refais toi-même les calculs de ce guide
- Calcul du poids idéalCalcule la fourchette de poids santé correspondant à ta taille. Nous ne donnons pas un « poids idéal » unique, car il n'existe pas. Tu obtiens la fourchette, ta position dedans et l'extrémité qui te correspond.
- Calcul de l'IMCSaisis ta taille et ton poids pour voir ton indice de masse corporelle, la catégorie correspondante et la fourchette de poids santé pour ta taille. Une estimation du taux de masse grasse l'accompagne : elle dit ce que l'IMC seul ne peut pas dire.
- Calcul du taux de masse grasseEstime ton taux de masse grasse et ta masse maigre à partir de la taille, du poids, de l'âge et du sexe. Nous ne demandons pas de mètre ruban, et nous expliquons pourquoi, marge d'erreur comprise.
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Ce guide est fourni à titre informatif ; il ne remplace ni diagnostic ni traitement médical. Consulte un professionnel de santé avant de modifier durablement ton alimentation.