Qu'est-ce qu'un MET et les calories brûlées

6 min de lectureAuteur : Doğan Varkan

Tout outil qui estime les calories d'une séance lit en arrière-plan une table MET. Cette page explique ce qu'est cette table, quelle hypothèse elle porte, sur quels sports elle se trompe le plus et où sa réponse doit se placer dans un plan calorique.

Un MET est un multiple, pas une unité d’énergie

MET veut dire équivalent métabolique. Ce qu’il mesure n’est pas de l’énergie mais un rapport : combien de fois plus d’oxygène une activité consomme qu’un corps assis. Une marche cotée à 4 MET signifie dépenser quatre fois ce que cette personne dépense dans un fauteuil.

Le dénominateur du rapport est fixé par convention. Un MET vaut 3,5 millilitres d’oxygène par kilo de poids de corps et par minute, et ce nombre se trouve sous toutes les tables publiées. Chaque ligne est une mesure divisée par ce dénominateur.

Travailler en rapports est un choix pratique : une seule ligne décrit la même activité sur un corps de 55 kilos comme sur un de 110, sans mesurer le métabolisme de personne. Le prix, c’est que tout le monde partage le même dénominateur.

La conversion en calories vient après, quand l’oxygène devient de l’énergie et que cette énergie rencontre ta durée et ton poids ; c’est le travail du calcul des calories brûlées. Ici, il s’agit de l’hypothèse qui précède.

D’où vient le 3,5

Le dénominateur n’a pas été mesuré sur toi. Il a été choisi : 3,5 millilitres par kilo et par minute ont été retenus comme la consommation d’oxygène au repos d’un homme de 70 kilos et de 40 ans, et cela vaut depuis pour tout le monde.

Les mesures réelles tombent en dessous. Chez l’adulte, la consommation d’oxygène au repos se situe souvent entre 2,6 et 3,0 millilitres par kilo et par minute, et un dénominateur posé trop haut produit un multiple trop haut.

L’ordre de grandeur n’est pas anodin. Pour quelqu’un dont la valeur de repos réelle est 3,0, la table est généreuse d’environ 17 % ; à 2,6, elle l’est de 35 %. L’outil qui la lit en hérite.

Le biais ne se répartit pas non plus également, car le tissu gras consomme au repos beaucoup moins d’oxygène que le muscle et la consommation moyenne par kilo baisse quand la masse grasse monte ; la table surestime donc surtout les corps lourds et âgés. Elle décrit le groupe de la référence.

Le multiple ne multiplie pas ton métabolisme

Une table MET ne distingue personne. Deux corps de même poids qui marchent à la même vitesse reçoivent le même multiple, alors que leurs métabolismes de repos mesurés peuvent différer de plusieurs centaines de calories par jour.

Le sens de l’erreur varie aussi. Une personne très musclée et entraînée consomme au repos plus d’oxygène par kilo que la moyenne, si bien que la table la sous-estime, tandis que la même table surestime un corps sédentaire au taux de masse grasse élevé.

Pour que le multiple t’appartienne, il faudrait que le dénominateur t’appartienne aussi. En pratique le dénominateur est figé et la seule entrée qui bouge est le poids. La différence entre métabolisme de base et dépense totale porte exactement sur ce dénominateur.

Ce qui fait de la table une moyenne de population et non une estimation personnelle. Assez bonne pour comparer une séance à une autre. Pas assez pour connaître une séance à la calorie près.

Une ligne cache toutes les intensités

Les tables MET séparent bien les activités par allure : la marche occupe plusieurs lignes entre 3,0 et 5,0 et la course va de 8 à 16. Dans une interface, pourtant, tu vois le plus souvent une seule option « course » sans savoir quelle ligne se cache derrière.

Cet écart ne s’efface pas. Entre 8 et 14 kilomètres-heure, la valeur MET fait plus que doubler, si bien qu’à durée égale la ligne retenue décide si la séance vaut un chiffre ou deux.

Le poids porté compte aussi. À la marche et à la course, le coût dépend surtout de la masse transportée, et un coureur expérimenté dépense presque autant qu’un débutant à la même allure ; à vélo et en natation, l’inverse se produit, parce que la perte contre l’eau et l’air relève de la technique et qu’un nageur débutant peut dépenser le double d’un nageur efficace sur la même distance.

La table n’en voit rien. Pour la natation, il y a une ligne. Pour le vélo aussi, et le vent, la pente et la position n’y entrent jamais.

L’erreur la plus coûteuse : compter deux fois la même énergie

Si ton objectif calorique a été construit avec un facteur d’activité, ce facteur contient déjà tes entraînements. Avoir choisi 1,375 parce que tu t’entraînes trois fois par semaine veut dire que ce 1,375 représente déjà ces trois séances.

Ajouter par-dessus les 400 calories que la montre affiche en fin de séance revient à compter la même énergie deux fois. Pour qui cherche à maigrir, l’erreur est silencieuse et chère : le déficit existe sur le papier et pas dans l’assiette.

La règle est simple. Soit le facteur d’activité, soit le journal des séances, jamais les deux. Si tu veux enregistrer les séances une à une, ramène le facteur au bout sédentaire et ajoute chaque séance au fil de l’eau ; si tu préfères laisser le facteur en place, la calorie de séance n’a rien à faire dans le plan.

Ne rien noter est aussi une option. Garder l’entraînement en dehors du carnet de calories et ne suivre que l’objectif supprime le double comptage à la racine.

Les MET-minutes : là où le chiffre sert vraiment

Multiplier la valeur MET par des minutes plutôt que de la convertir en calories donne une mesure bien plus solide. Les MET-minutes réunissent l’intensité et la durée en un seul nombre et ne sont pas troublées par l’incertitude du dénominateur.

Un exemple : une personne de 80 kilos qui marche d’un bon pas à 4,3 MET pendant 45 minutes engrange 194 MET-minutes. Répété trois fois par semaine, cela fait 581.

Ce nombre a une référence à laquelle se comparer. La recommandation de l’Organisation mondiale de la santé, 150 minutes d’activité modérée ou 75 minutes d’activité soutenue par semaine, correspond grossièrement à 500 à 1 000 MET-minutes, et ces trois marches atteignent la borne basse à elles seules. On comprend aussi ici pourquoi les minutes soutenues comptent double : les MET-minutes pondèrent déjà l’intensité, et une demi-heure à 8 MET donne le même total qu’une heure à 4.

Dans une MET-minute, le poids de corps n’apparaît nulle part, et c’est précisément pour cela que le nombre se compare d’une personne à l’autre.

Que faire du chiffre

La lecture la plus saine traite les calories issues d’une table MET comme un plafond. La dépense réelle se tient presque toujours un peu en dessous et jamais au-dessus.

Le deuxième usage solide est la comparaison. Comme la table applique la même hypothèse aux deux séances, tu vois de façon fiable laquelle a été la plus lourde ; le chiffre absolu peut être faux pendant que le rapport entre les deux reste juste.

En crédit alimentaire, c’est le pire usage. La version marche du même problème est traitée dans combien de calories brûlent 10 000 pas.

Le calcul des calories brûlées fait tourner la table MET avec ton poids et ta durée. Pour bâtir l’objectif quotidien lui-même, il y a le calcul du besoin calorique, et pour suivre la marche à part, le convertisseur pas en calories.

exercicecaloriesmet

Refais toi-même les calculs de ce guide

Guides liés

Ce guide est fourni à titre informatif ; il ne remplace ni diagnostic ni traitement médical. Consulte un professionnel de santé avant de modifier durablement ton alimentation.